RECHERCHE

Le LMI MaCoTer est un laboratoire pluridisciplinaire de haut niveau, tourné vers les grands enjeux socioéconomiques qu’appellent la reconstruction post-conflit et le développement durable du Mali, autour du thème « Résiliences maliennes : Cohésions, Territoires et Développement ». Projet pilote, le LMI vise à constituer une interface entre les sciences sociales et les politiques publiques et internationales du développement, afin que les décideurs disposent d’outils complémentaires à ceux de l’expertise et de la recherche appliquée : en l’occurrence des savoirs empiriques et des analyses propres à la recherche fondamentale.

Le caractère innovant du LMI réside dans le fait qu’il s’agit du premier laboratoire de recherche en SHS au Mali. Renforçant le partenariat Nord-Sud à long terme, et inaugurant une collaboration inédite entre plusieurs universités maliennes, le LMI préfigure une unité de recherche proprement malienne. À ce titre, l’originalité du projet est non seulement de produire une recherche au Sud et par le Sud, mais de former également de jeunes diplômés sur un standard de rang international depuis le Mali.

Contexte et enjeux du projet

Au-delà du dramatique conflit armé de 2012 mêlant revendications indépendantistes et djihadisme, la crise malienne témoigne avant tout d’une fragilité institutionnelle, d’une instabilité sociale et d’une insécurité économique depuis plus d’une décennie. Si cette situation est largement identifiée par les opérateurs du développement, elle oblige désormais à mobiliser différemment les SHS pour permettre aux décideurs de bénéficier d’un savoir fondé sur une observation au plus près du terrain, une méthodologie et une capacité analytique propres à la recherche fondamentale. C’est tout l’enjeu de ce projet MaCoTer, qui vise à analyser les mécanismes de cohésion sociale et de conflictualité, avec ceux de la production des territoires et le rôle des politiques publiques de développement.

1. Cohésions sociales et intégration nationale : l’appui des sciences sociales à l’action publique pour la reconstruction et le développement

Pour des raisons endogènes et exogènes, le Mali connaît une crise multidimensionnelle qui n’est pas sans effets sur la stabilité de la sous-région. S’étendant à la fois sur le Sahel et le Sahara, le Mali fait frontière avec pas moins de huit pays : le Sénégal, la Mauritanie, l’Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la Guinée. Cet enclavement géographique, qui implique une importante circulation transfrontalière, et les grandes difficultés à déployer une administration cohérente sur un territoire de plus de 1 240 000 km2 placent le Mali au cœur d’une problématique régionale d’autant plus sensible que certains pays frontaliers connaissent eux aussi une fragilité institutionnelle. Il y a donc nécessité, sinon urgence, à comprendre les ressorts à la fois structurels et culturels de cette crise malienne et à définir des politiques publiques visant à la résoudre de manière durable.

La problématique du développement constitue une entrée majeure pour comprendre les changements politiques, économiques et socioculturels aujourd’hui à l’œuvre au Mali. Des objets récents, comme l’espace public, les services publics, les organisations de la société civile (OSC), sont mobilisés. Mais la « littérature » dispose à leur propos davantage de prescriptions morales et politiques que de données empiriques recueillies au plus près des opérateurs et des bénéficiaires. Le credo des politiques de développement postule l’efficacité de ce qu’on pourrait appeler le L3D, soit la combinaison entre Libéralisation, Démocratie, Décentralisation et Développement. Le ralliement à ces principes fait figure de conditionnalité à l’« aide », sans que l’on se soucie de savoir comment ils sont compris et mis en œuvre. L’apparition d’« opérateurs » de type nouveau, notamment les organisations islamiques résolues à changer de paradigme, devrait faire réfléchir sur l’insuffisance de l’affichage de principes qui se heurtent à des réalités insuffisamment étudiées. Il s’agit là de comprendre les représentations des bénéficiaires et, notamment, les écarts qui séparent celles des concepteurs de projets et les savoirs populaires.

2. Résilience malienne : relégitimation du politique et de la conflictualité dans la résolution des violences et la construction d’une paix durable

Il s’agit ici de revenir sur la notion de conflit si présente dans la situation malienne, sans toutefois la considérer d’entrée de jeu comme un trouble survenu dans un milieu préalablement consensuel, ni une manifestation de violence en tant que telle. Les territoires sont par définition des lieux de conflits, de confrontations, mais aussi de négociations ; c’est bien plutôt l’échec de leur gestion à la fois globale et locale, sociale et économique, qui conduit à des violences ou à des insurrections.

3. Politiques publiques des territoires et enjeux démographiques : villes, circulations et production d’identités

Les Nations Unies prévoient que l’Afrique subsaharienne comptera 1,7 milliards d’habitants en 2050, soit un cinquième des 9 milliards de la population mondiale (dont 5 en Asie)7. Dans ce contexte, où le Mali est concerné au premier chef, l’appréhension des cohésions sociales et des facteurs qui les déterminent implique une analyse fine de l’action des pouvoirs publics dans les territoires et de sa réception sociale : production et diffusion des normes de l’État, mais aussi celles des ONG locales ; structuration administrative et aménagement du territoire ; poussée démographique et gestion des flux migratoires intérieurs ; politique urbaine et transfert de compétences ; gouvernance locale et celle de l’administration territoriale, etc.

Au pire moment de la crise de 2012, un certain nombre de voix, et non des moindres, s’élevaient pour dire que le cœur du problème était moins au Nord qu’à Bamako. De fait, ce qui s’est passé en 2012 est indubitablement lié à la fragilité institutionnelle, l’instabilité sociale et l’insécurité économique qui persistent au Mali depuis plus d’une décennie. Or si cela vaut pour l’État, cela vaut tout autant pour les villes qui, décentralisation et exode rural obligent, sont les premières à subir les conséquences des politiques publiques en même temps qu’elles en reproduisent les travers. Une mobilisation des SHS doit permettre ici aux décideurs de bénéficier d’un savoir fondé sur une observation au plus près du terrain et sur la durée, de manière à appréhender d’un seul tenant : les politiques publiques des territoires, les enjeux démographiques, la question de l’étalement des villes, les circulations et la production des identités nouvelles qui s’y déroulent.

Quatre principaux axes structurent le LMI durant 5 ans (2017-2021) :

Axe 1 : « Territoires, intégration et dynamiques démographiques »

Responsables : Charles Grémont & Naffet Kéita

Cet axe met en relation des formes de comportements sociaux avec un mode d’occupation de l’espace (rural, urbain), en lien avec la croissance démographique sans précédent que connaît le Mali et, au-delà, le continent africain. S’agissant de l’expansion urbaine, l’analyse écologique s’impose aussi comme thème de recherche prioritaire, en tenant compte de l’enchevêtrement des formes de production rurales et urbaines.

En analysant plus particulièrement les tensions et les reconfigurations territoriales à l’œuvre depuis la conquête coloniale, cet axe vise à documenter la crise majeure que traverse le Mali depuis 2012. Elle rappelle autant les clivages et les impasses sociopolitiques qui se sont creusés depuis des générations, qu’elle créée les conditions de déchirements actuels plus périlleux encore. L’approche historique, située au croisement des regards et des mémoires – autrement dit une anthropologie historique – , apparaît aujourd’hui essentielle si l’on veut éviter les pièges d’une analyse essentiellement élaborée à partir des événements d’une actualité dramatique depuis janvier 2012.

Les histoires de territoires et les conditions qui les sous-tendent et se conjuguent sont étudiées à partir d’une zone qui est au cœur de la tourmente depuis 2012 et où les tensions territoriales sont peut- être les plus fortes entre « nomades » et « sédentaires », mais aussi entre groupes sociaux de l’espace pastoral et entre villages (voire quartiers) de la vallée du Niger : la Région administrative de Gao. Des mises en dialogue entre expériences historiques vécues dans d’autres régions seront favorisées, tandis que ce volet est traité parallèlement dans les autres régions retenues pour ce projet.

 

Axe 2 : « Cohésions sociales : identité locale, prescriptions religieuses et économie morale du développement »

Responsables : Gilles Holder & Idrissa Soïba Traoré

Cet axe appréhende la question des cohésions sociales – culturelles, religieuses – et l’économie morale du développement. Il vise à identifier les acteurs porteurs de dynamiques sociales peu ou pas pris en compte, et à réfléchir aux énoncés des normes (légales, morales, pratiques) qui conditionnent les politiques de développement.

Dans le contexte de la crise malienne qui perdure, la question des cohésions sociales constitue l’un des enjeux forts quant à la (re)construction d’une nation qui s’est délitée durant les dix dernières années, avant de s’abimer en 2012 dans une quasi-guerre civile. Durant cette terrible année, l’« ennemi » était alors partout : au Nord, dans les pays voisins et au sein des organisations internationales qui tentaient d’endiguer la guerre et forcer les putschistes à abandonner le pouvoir. Mais l’« ennemi » était surtout à l’intérieur d’une nation déchirée entre sudistes et nordistes, rebelles et terroristes, bérets verts et bérets rouges, résistants et traitres. Deux ans plus tard, en dépit de l’aide internationale sans précédents et des milliards de francs CFA qui y sont consacrés, la question de la reconstruction nationale demeure en suspens et, avec elle, celle des cohésions sociales.

Les (nouveaux) acteurs du religieux font l’objet d’une attention particulière en ce qu’ils sont partie prenante des dynamiques non seulement sociales et politiques, mais aussi économiques. Il s’agit de mettre en lumière l’action, très largement ignorée, des organisations religieuses dans la question du développement, en particulier leur rôle croissant dans les secteurs stratégiques comme ceux des services publics et du développement économique. L’intérêt d’étudier ce volet économique du religieux est double. Il s’agit d’abord d’évaluer son impact social réel, en le rapportant au marché local et national. C’est ensuite de voir quelle efficacité ces associations religieuses ont pu acquérir en termes de développement. De fait, certaines organisations invoquant désormais la notion « d’islam de développement », il est pertinent d’en analyser les résultats (changements, réappropriations), les adaptations (proximité, identité, conception intégrée, principe de guidance) et le niveau de responsabilité des bénéficiaires de ces actions, qui en sont aussi les acteurs.

Axe 3 : « Terroirs d’identités et médiation culturelle »

Responsables : Jean-Paul Colleyn & Moussa Sow

Cet axe pose à nouveaux frais la question des expressions culturelles, en lui associant des données quantitatives (statistiques, juridiques, administratives). Il s’agit d’étudier plus particulièrement les espaces sociaux travaillés par les « cultures » (traditionnelles, urbaines, nationales, globales), et d’identifier les instances de médiation entre populations et structures de pouvoir.

Avec la révolution démocratique de 1991, puis la création des communes issues de la décentralisation administrative, on a assisté au réveil de petites entités politiques précoloniales, qui avaient chacune leurs spécificités historiques, géographiques et culturelles. Ce sont désormais Internet, la télévisionet les stations de radios FM, tout autant que les ONG multiples, qui promeuvent de façon massive les identités locales.

Si ces organismes sont prescriptifs, ils sont également dispensateurs de moyens à la fois matériels et symboliques, dont les institutions nationales maliennes, privées ou publiques, suivent les injonctions. Des groupements en tout genre parlent aujourd’hui de « racines culturelles », de « droits culturels », de « patrimoine culturel », de « développement culturel », faisant échos à ce qui se passe dans la plupart des pays africains. Des festivals culturels se déploient sur tout le territoire, financés par les organismes internationaux, mais aussi des entreprises privées, des associations, voire des mouvements religieux. Nouvelle mise en scène de l’identité des « terroirs », le festival constitue là une arène politique locale et nationale, à l’instar du Festival du Niger, du Festival d’Essakane, ou encore du Maouloud.

Cet engouement pour la « culture » induit une nouvelle cartographie des pôles culturels régionaux qui s’inscrit dans le processus de décentralisation, la mise en place d’infrastructures culturelles et la formation aux métiers de la culture. Si ce secteur est encore peu professionnalisé, de nouveaux acteurs émergent, médiateurs, prescripteurs, opérateurs, entrepreneurs, en lien avec les réseaux internationaux (world music, art contemporain). Partout les énonciateurs de culture(s) se sont emparés des nouvelles technologies de communication, dont le développement est conditionné aux politiques territoriales d’accès à Internet. D’un côté, les initiatives locales se multiplient (web-radio, home studio, sites Internet, etc.). De l’autre, ce sont les entreprises des nouvelles technologies de communication qui façonnent les politiques culturelles. Il s’agit là de politiques nationales, mais aussi régionales et même panafricaines, avec la création de produits culturels spécifiques au public africain (sites de streaming, applications pour Smartphones, etc.). Ces réseaux sociaux sont de nouveaux prescripteurs de cultures qui agissent sur les pratiques et les opinions publiques. De ce point de vue, les politiques de développement ne peuvent ignorer ces dynamiques qui transforment, en les homogénéisant, la manière dont les représentations et les discours sont transmis.

Axe 4 : « Conflits locaux, conflits globaux : les logiques politiques et territoriales de la conflictualité »

Responsables : Monique Bertrand & Bakary Camara

Cet axe s’impose de lui-même, au regard d’un pays comme le Mali qui a connu une « crise totale » touchant tous les aspects de la vie en société. Il s’attache à appréhender les logiques, positives ou délétères, des conflits fonciers. Face à leur caractère exponentiel, il s’agit d’identifier à la fois les médiations associatives et les réponses législatives adéquates, garantes de la sécurisation sociale.

Le foncier constitue le socle de la production économique, sociale, juridique et politique des territoires. De ce fait, sa gestion représente le premier vecteur d’une conflictualité urbaine, périurbaine et rurale qui touche le Mali comme la sous-région. Au-delà du District, l’aire d’expansion du « grand Bamako » concentre le plus grand nombre de conflits et leur transformation en litiges administratifs ou privés. Et c’est de la capitale que partent les contestations et mobilisations sociales vers tout le pays.

Du fait de la croissance démographique et de l’urbanisation accélérée, mais aussi de la vulnérabilité des milieux ruraux, de fortes pressions s’exercent sur les terres. Le changement des usages et des modes de propriété du sol ne vont pas toujours dans le sens d’une intensification de la production. La sédentarisation des pasteurs et les transformations de l’élevage bovin renforcent ces pressions et alimentent des tensions sociales qui, à leur tour, complexifient les médiations suscitées par les conflits. Des bassins cotonniers méridionaux au Nord du Mali, en passant par la grande ville, ces facteurs se conjuguent pour maintenir l’incertitude du développement et un sentiment d’instabilité politique.

 

 

À la suite de la première édition des Rencontres de Bamako en novembre 2017, quatre chantiers ont été retenus comme point de convergence et d’agrégation des recherches au sein du LMI. Quatre équipes ont donc été constituées :

Equipe 1 : PRATIQUES ET POLITIQUES DE LA VILLE, GESTION FONCIÈRE

Coordination : Monique Bertrand et Balla Diarra

Membres statutaires : Françoise Bourdarias, Baba Coulibaly, Fatoumata Coulibaly, Mohamed Lamine Dembélé, Balla Diarra, Naffet Keita, Alexis Roy

Doctorants : Balla Camara, Lara Gautier

Les recherches foncières menées depuis 2016 (partenariat IRD/USJPB ; colloque de Bamako) montrent le besoin pressant d’agendas politiques pour la gestion de territoires d’interface entre villes et campagnes alors que, bon an mal an, des perspectives de concertation s’ouvrent ailleurs au Mali : loi foncière agricole, commissions villageoises, planification urbaine stratégique, du moins pour la capitale. Ce groupe de travail suit les chantiers d’étude déjà ouverts dans le District de Bamako (marchés et pratiques du logement, espaces publics, services essentiels, rôle de l’ADR) et invite les étudiants à travailler dans tout type de villes. Il valorise la démarche typologique initiée pour aborder les conflits découlant au Mali de la dynamique de marchandisation/titrisation/bancarisation foncière. Il mène de nouveaux travaux empiriques dans le cercle de Kati : mesure de l’étalement urbain dans la dernière décennie ; enquête ménages « Habiter les périphéries urbaines » lancée en 2018.

Equipe 2 : MIGRATIONS ET MOBILITÉS

Coordination : Bréma Ely Dicko et Sandrine Mesplé-Somps

Membres statutaires : Monique Bertrand, Hawa Coulibaly, Charles Grémont, Naffet Keita, Aissatou Nbodj, Sadio Soukouna

Doctorants : Nana Kimbiri, Soumaila Camara, Soumana Maiga

Du fait du positionnement géographique du Mali et des pratiques agro-pastorales extensives, les migrations internes et internationales sont constitutives de la société malienne. L’objet de cette équipe est d’étudier les pratiques actuelles en examinant si on observe des reconfigurations des trajectoires migratoires du fait notamment de l’émergence de nouveaux lieux de départ et d’installation. Il s’agit aussi d’examiner la politisation des migrants et leurs participations aux instances décisionnelles locales et nationales. De même, alors que l’étalement urbain ne cesse de croitre, les mobilités quotidiennes au sein des villes seront étudiées.

Equipe 3 : SUPPLÉANCE VS GOUVERNANCE 

Coordination : Fatoumata Coulibaly et Gilles Holder

Membres statutaires : Hawa Coulibaly, Monique Bertrand, Françoise Bourdarias, Mohamed L. Dembélé, Charles Grémont, Marc Raffinot, Ophélie Rillon, Alexis Roy, Sadio Soukouna

Doctorants : Idrissa Diarra, Bassirou Gaye, Bakary Traoré

L’idée de « suppléance » se veut une proposition empirique visant à définir l’espace des activités d’utilité publique que ne sont pas ou plus pris en charge par les pouvoirs publics et les OSC d’un côté, le secteur privé commercial de l’autre. Un tel espace esquisse un champ d’activités portées par des acteurs et/ou des groupes sociaux suppléantla « gouvernance » qui échoit en principe à l’Etat et ses partenaires sociaux, sans toutefois s’inscrire dans une logique d’externalisation (privatisation et/ou délégation) vers le secteur commercial.

Cet espace de la suppléance peut concerner la sécurité (des personnes, des biens, routière, alimentaire), la justice (civile, sociale, économique), la santé (guérison, hygiène), l’éducation, la gestion des flux migratoires, etc. Si la Suppléance permet de considérer à nouveau frais la production de normes pratiques et de la rentabilité économique et symbolique des activités menées, elle pose aussi la question de la place de l’État dans et avec la société, voire de son devenir : faire « à la place » de l’État est-il le signe d’une ré-étatisation (la suppléance comme demande d’Etat) ou d’une désétatisation (la suppléance comme non efficience de l’État) ? De même, quand est-il du rôle et de l’influence des acteurs inter et supranationaux qui, en mettant de factol’État sous tutelle économique, suppléent celui-ci ou le contourne ?

Equipe 4 : INVENTION/RÉINVENTION DES MODES DE (DÉ)CONNEXIONS SOCIOCULTURELLES

Coordination : Youssouf Karembé et Emmanuelle Olivier

Membres statutaires : Marta Amico, Jean-Paul Colleyn, Anne Doquet, Moussa Sow, Idrissa Soïba Traoré

Doctorants : Alfredo Castellanos, Yacouba Diarra, Amidou Sogodogo et Hama Yalcouye

Les travaux de cette équipe visent à interroger, au prime des pratiques culturelles et des nouveaux médias, ce que la sociétés malienne fait du numérique, en termes : 1°) d’appropriation, de production et de circulation des savoirs ; 2°) de reconfiguration des rapports sociaux (aînés/cadets) ; 3°) et de médiations culturelles.

Dans le Mali post-2012, il s’agit de se demander comment la société se connecte, ou se déconnecte, au global ;  comment et où (dans quels lieux) elle se réinvente, ou fait preuve de conservatisme, et se met en scène ; comment les dynamiques globalisées réifient les clivages identitaires ou, à l’inverse, les font sauter (mais au profit de quel modèle de société, de quelle nation imaginée ?) ; comment ces connexions conduisent à renouveler les formes d’engagement, ou les formes d’adhésion ou de contestation aux modèles sociaux.