RECHERCHE

Le LMI MaCoTer est un laboratoire pluridisciplinaire de haut niveau, tourné vers les grands enjeux socioéconomiques qu’appellent la reconstruction post-conflit et le développement durable du Mali, autour du thème « Résiliences maliennes : Cohésions, Territoires et Développement ». Projet pilote, le LMI vise à constituer une interface entre les sciences sociales et les politiques publiques et internationales du développement, afin que les décideurs disposent d’outils complémentaires à ceux de l’expertise et de la recherche appliquée : en l’occurrence des savoirs empiriques et des analyses propres à la recherche fondamentale.

Le caractère innovant du LMI réside dans le fait qu’il s’agit du premier laboratoire de recherche en SHS au Mali. Renforçant le partenariat Nord-Sud à long terme, et inaugurant une collaboration inédite entre plusieurs universités maliennes, le LMI préfigure une unité de recherche proprement malienne. À ce titre, l’originalité du projet est non seulement de produire une recherche au Sud et par le Sud, mais de former également de jeunes diplômés sur un standard de rang international depuis le Mali.

Le projet de recherche vise à appréhender d’un seul tenant : les politiques publiques des territoires, les enjeux démographiques, la question de l’étalement des villes, les circulations et la production des identités nouvelles qui s’y déroulent. Quatre principales thématiques structureront le LMI durant les 5 années à venir :

Thématique 1 : « Territoires, intégration et dynamiques démographiques ».

Responsables : Charles Grémont & Naffet Kéita

Cette thématique met en relation des formes de comportements sociaux avec un mode d’occupation de l’espace (rural, urbain), en lien avec la croissance démographique sans précédent que connaît le Mali et, au-delà, le continent africain. S’agissant de l’expansion urbaine, l’analyse écologique s’impose aussi comme thème de recherche prioritaire, en tenant compte de l’enchevêtrement des formes de production rurales et urbaines.

 

Thématique 2 : « Cohésions sociales : identité locale, prescriptions religieuses et économie morale du développement ».

Responsables : Gilles Holder & Idrissa Soïba Traoré

Cette thématique appréhende la question des cohésions sociales – culturelles, religieuses – et l’économie morale du développement. Elle vise à identifier les acteurs porteurs de dynamiques sociales peu ou pas pris en compte, et à réfléchir aux énoncés des normes (légales, morales, pratiques) qui conditionnent les politiques de développement.

Thématique 3 : « Terroirs d’identités et médiation culturelle »

Responsables : Jean-Paul Colleyn & Moussa Sow

Cette thématique pose à nouveaux frais la question des expressions culturelles, en lui associant des données quantitatives (statistiques, juridiques, administratives). Il s’agit d’étudier plus particulièrement les espaces sociaux travaillés par les « cultures » (traditionnelles, urbaines, nationales, globales), et d’identifier les instances de médiation entre populations et structures de pouvoir.

Thématique 4 : « Conflits locaux, conflits globaux : les logiques politiques et territoriales de la conflictualité »

Responsables : Monique Bertrand & Bakary Camara

Cette thématique s’impose d’elle-même, au regard d’un pays comme le Mali qui a connu une « crise totale » touchant tous les aspects de la vie en société. Elle s’attache à appréhender les logiques, positives ou délétères, des conflits fonciers. Face à leur caractère exponentiel, il s’agit d’identifier à la fois les médiations associatives et les réponses législatives adéquates, garantes de la sécurisation sociale.