Le LMI MaCoTer et le LaGoSS ont organisé le 7 novembre dernier le Forum Universitaire de Bamako 2020. Intitulé « Penser la transition politique malienne autour des impensés de l’Etat », cet événement ancré dans l’actualité se voulait un espace pour penser et débattre sur le sens des événements récents survenus au Mali.

Organisé sur un format inédit et hors des murs de l’université, le Forum s’est tenu au Mémorial Modibo Keita et a réuni des enseignants-chercheurs et des personnalités issues du monde politique, de la société civile et des étudiants. L’objectif était de susciter un espace où se croisent les savoirs universitaires et les expériences divers de la vie politique et sociale malienne, de manière à susciter un travail intellectuel qui permette de décrypter la transition politique.

Trois tables-rondes consacrées à la transition politique

La journée s’est articulée autour de trois tables rondes, qui ont chacune appréhendée divers aspects de la transition en cours.
La première table ronde s’est attachée à questionner les différentes conceptions et expériences de l’État au Mali depuis le XVIIIe siècle jusqu’à aujourd’hui, proposant ainsi de réfléchir aux choix institutionnels auxquels les différentes instances maliennes sont confrontées, dans le cadre de la transition. La notion de fanga était notamment au cœur des communications, qu’il s’agisse de l’anthropologue Gilles Holder, qui présentait l’idéologie de l’État malien du point de vue du centre, ou du sociolinguiste Moussa Sow, qui abordait quant à lui l’État à partir de sa périphérie.

La seconde table ronde était consacrée à la problématique de l’inclusivité des sociétés nomades, perçues dans une sorte de périphérie de l’État, à la fois du point de vue géographique, économique, social et politique. Les communications de l’historien Charles Grémont et du chercheur consultant Adam Thiam ont introduit le débat en abordant respectivement les relations entre sociétés nomades au nord du Mali et l’État, puis la marginalisation, voire l’abandon des communautés présentes au centre du pays, ouvrant ainsi un débat critique sur la décentralisation.

Enfin, la dernière table-ronde était centrée sur les logiques transitionnelles, la conception de la démocratie et le rôle de la coopération internationale. Initiée sur une communication du politiste Abdoul Sogodogo, la discussion a porté sur les différentes conceptions de la démocratie, les possibilités et les opportunités de réformes institutionnelles offertes par la transition actuelle ou encore les problématiques de résolution des conflits.

Une science utile à la société

Poursuivant son objectif qui consiste à mobiliser les sciences sociales pour produire des savoirs utiles à la société, le laboratoire MaCoTer présentera prochainement un film de 26 minutes consacré aux travaux du Forum. Parallèlement, les communications des universitaires et les verbatim des invités seront réunis pour être publié dans un numéro des Cahiers de MaCoTer, édité aux Presses Universitaires du Sahel de La Sahélienne.