15 au 18 octobre 2018

Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako

Campus de Kabala, salle de conférences du Rectorat

 

En 2012, la République du Mali a été confrontée à une crise sans précédent, dont elle peine encore à sortir. Malgré la signature d’un accord de paix à l’issue du processus d’Alger il y a déjà trois ans, la crise, qui comporte également une forte dimension internationale, non seulement persiste dans le Nord du pays, mais elle a atteint désormais le centre. Aujourd’hui, l’État remplit avec difficultés ses fonctions régaliennes et ne parvient plus totalement à donner du pays une image cohésive qui engloberait toutes ses composantes sociales et culturelles.

Pourtant, le Mali dispose d’un énorme potentiel qui est sa jeunesse et son importante population étudiante. Aujourd’hui plus que jamais, la formation revêt une importance cruciale, non seulement pour produire des cadres compétents, mais aussi pour travailler à une meilleure compréhension des réalités nationales et internationales. C’est dans ce contexte que s’est construit MaCoTer, un laboratoire international, interuniversitaire et interdisciplinaire qui vise : 1/ à donner aux étudiants maliens, du master à la thèse, les clés de compréhension d’un monde complexe ; 2/ à les aider à poser le pied dans le paysage de la recherche internationale de haut niveau.

Le transfert de valeurs d’une communauté à une autre est un trait majeur de la compréhension. Aussi souhaiterions-nous, en saisissant l’occasion d’un appui donné à notre laboratoire par l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, croiser des analyses produites au et sur le Mali et celles qui le sont à l’extérieur et sur d’autres horizons, afin d’apporter un éclairage nouveau sur des notions faussement évidentes comme la nation, la démocratie, la tradition, le pouvoir, la décentralisation, le territoire, l’autochtonie, le genre, la terreur, la société, et bien d’autres. On pourrait ici convoquer la notion d’exotopie(introduite par le théoricien de la littérature Mikhaïl Bakhtine), afin de montrer comment une forme de vie locale ne trouve son sens qu’à condition d’être vue de l’extérieur. Bref, nous aimerions passer quatre jours intenses, grâce à nos invités de marque, à confronter pacifiquement les divers horizons de pensée, afin de substituer aux jugements à l’emporte- pièce dont raffolent souvent les médias et autres faiseurs d’opinion, des analyses qui puissent faire progresser la réflexion tout en contribuant de manière particulièrement collaborative à la formation des jeunes économistes, juristes, sociologues, anthropologues, géographes, historiens et politistes maliens.

Ce grand voyage transculturel et transhistorique – les représentations sociales s’enracinent en effet toujours dans la longue durée – sera, nous n’en doutons pas, stimulant pour la pensée, mais aussi éprouvant dans le bon sens du terme, celui d’une mise à l’épreuve des outils des sciences sociales face à des faits et des informations qui, quelquefois, résistent.

Ces journées sont organisées selon un principe simple : les matinées accueilleront deux grandes conférences – celle d’une personnalité malienne et celle d’une personnalité française. Quant aux après-midi, ils seront consacrés à des ateliers thématiques dédiés aux étudiants, qui seront eux aussi dirigés par un formateur malien et un homologue français, afin de réfléchir et de tirer le meilleur parti des conférences de la matinée.

 

PROGRAMME DE L’ECOLE D’AUTOMNE